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Toi non plus, tu ne comprends pas la dépression ?

Avant propos : cet article va un peu piquer. Je te partage des choses que peu de gens savent sur moi. Mon seul but est de t’aider toi, qui lis cet article, à mettre des mots sur de ta dépression et demander de l’aide !


Je ne comprenais pas la dépression.

J’ai vécu 11 ans avec un breton roux, qui avait un long lineage de gens dépressifs. Surtout du côté de sa mère.

Et j’ai longtemps utilisé cette carte dans nos disputes.

Parce que je le trouvais pas assez combatif.

Pas assez optimiste.

Toujours à broyer du noir.


Et ça me laissait pantoise.

Je lui trouvais beaucoup de qualité mais ses états d’âme, là, ça me dépassait.


Et du coup, je lui râbachais les oreilles avec les pires paroles que tu peux prononcer à une personne qui souffre de dépression :

  • “mais bouge-toi le cul”

  • “quand on veut, on peut”

  • “pourquoi tu ne fais rien pour t’en sortir?”

  • “mais punaise, c’est pas bien compliqué”

  • "franchement, j’espère que nos enfants ne seront pas comme toi, qu’ils auront hérité de mon courage…”


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But now I know.

I know better.


Parce que j’aurais dû avoir la puce à l’oreille.

Parce qu’on ne se marie pas à une personne qui a un terrain dépressif aussi prononcé sans raison.

Parce que la vie est ironique.

Parce que c’est pas pour rien qu’on dit dans la bible “Comment peux-tu dire à ton frère : Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil, toi qui ne vois pas la poutre qui est dans le tien ?”.


Ce que j’ai compris grâce à la thérapie, c’est que j’ai longtemps souffert de dépression.

As in, je ne trouvais aucun sens à la vie.

Je ne voulais pas théoriquement mourir.

Non.

On est beaucoup trop combatifs pour ça.

Et puis personne ne se suicide dans nos communautés.

Je subissais, c’est tout.

Je me couchais avec la sensation que j’avais une journée de moins à vivre.


J’étais dans le mal au fond de moi - et personne ne pouvait s'en rendre compte.

Parce que je cachais tout derrière un sourire.

Et ma répartie.

Parce que je m’étais réfugiée à l'étranger, loin de tout le monde, pour qu’on me foute la paix.


Les rares fois où j’ai essayé d’en parler à des proches, on m’a proposé deux options: prier ou venir passer du temps en famille.

Et les deux sont super, je ne crache pas dans la soupe.


Mais ça n’aide pas sur le long terme.

Ce sont tout au plus des pansements.


La dépression, ça te flingue ta perspective sur la vie.

Ça te fait tout voir en noir.

Ça te fait croire que tu ne peux absolument rien faire.

Et le pire, c’est que tu te sens coupable de te plaindre, toi qui as tellement comparée à ta famille au pays.

Tu te sens encore plus en décalage, encore plus difficile à satisfaire, encore plus mal.


Pour sortir de la dépression, il faut poser des mots sur ses maux.

Il faut être entourée de personnes qui ne te jugent pas.

Qui ne cherchent pas à te trouver une solution dans la minute.

Qui ne te croient pas faible.

Qui ne te mettent pas la pression.

Qui ne te forcent pas à passer à l’action tout de suite.

Qui comprennent que ta reconstruction va prendre du temps.

Beaucoup de temps.

Qu’il y aura forcément des rechutes.


Pour sortir de la dépression, il te faudra aussi apprendre à dire non.

À tout ce qui ne te fait pas du bien.

Aux gens qui t’empoisonnent l’esprit.

Aux situations qui te stressent.

Aux contenus qui te font te sentir toute petite, toute pas comme il faudrait.


Pour sortir de la dépression, il faut sortir du piège de la comparaison.

Personne ne peut être dans tes pompes.

Personne ne peut mieux te comprendre que toi-même.

Et personne ne peut non plus vouloir s’en sortir plus que toi.


Tout commence par toi.


Pour sortir de ta dépression, tu peux déjà commencer par regarder la personne que tu vois dans le miroir, lui sourire et lui parler avec bienveillance.

Parce qu’elle fait du mieux qu’elle peut.

Et qu’elle a besoin de tes encouragements.


You got this !



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Coeur coeur sur toi

Molima


P.S: si tu te poses la question, oui, j’ai présenté mes excuses au breton roux. On est heureusement tous les deux sortis de notre dépression - et de notre mariage! Et je me constitue une armada d’outils de thérapie et de coaching pour accompagner mes enfants si jamais ils se font rattrapés par nos gènes de dépressifs!


P.P.S : Tu peux me retrouver sur Tiktok, Instagram ou sur mon podcast “Si je peux, tu peux”, j’y partage tout ce qui m’a aidé à sortir de ma dépression et m’autoriser à avoir une vie hors norme.

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