• Ndaya

Mariée à 23 ans, voila où j'en suis aujourd'hui

J’ai rencontré mon mari à 20 ans. J’étais fiancée à 21 ans, mariée à 23 et maman à 24. Le rêve de toute daronne africaine pour sa fille.




Sauf que personne ne m’y a préparé et j’ai douillé. Alors je vais parler sans filtre aujourd’hui sur la plus longue relation de ma vie. Je commencerai par dire que les ajustements qu’on fait pour vivre avec une autre personne sont indispensables. Vous ne pouvez pas faire sans, vous êtes 2 personnalités bien distinctes à la même adresse. Et puis même quand on ajuste, c’est incroyablement éreintant. Parce que la femme en fait toujours plus que l’autre…



J’appréhendais chaque visite de la belle-famille parce que je savais qu’elles étaient l’équivalent d’un exercice.


“On est assis depuis 5 minutes, tu vas nous proposer du thé?” ”On est arrivés à 18h, elle s’est pas dit qu’il fallait faire à manger peut-être?”

Dans ces moments-la, je me demandais sérieusement dans quel bourbier j’avais mis les pieds. Je pourrai être en train de turn-up en soirée mais non je sers du fufu aux gens... Et l’histoire se répétait même quand j’allais chez mes propres parents. En aucun cas mon mari n’était sollicité pour quoique ce soit. Résultat, quand on se retrouvait seul, au lieu de cocooner, ça pétait.



Dans les moments de disputes, je me disais que ça pouvait lâcher à tout moment. C'était sans savoir que la personne en face de moi était plus déterminée que moi à faire marcher cette union. Moi, je suis une grande pessimiste, je me vois toujours au bord du précipice et lui, il marche sereinement sous sa bonne étoile. Il nous a fallu un peu de temps pour rééquilibrer les rôles et être assez confiants dans l'intimité pour que notre couple reste une priorité. On a construit notre jardin secret et on y vit plutôt bien.


Et comment vous dire, quand on sait que son partenaire est prêt à se battre pour votre bonheur, on dort mieux quand même. Onze ans plus tard, on refait toujours le monde (quand on a le temps de discuter entre 3 enfants). On chante ensemble, on crée ensemble, on pleure ensemble. On fait beaucoup de bilans parce que j’aime trop ça 😄 et aussi parce que ça nous permet de mettre TOUT sur la table une fois par an et repartir sur de bonnes bases. J’aime à penser que c’est comme un job, on fait un entretien annuel et on se fixe de nouveaux objectifs pour ne pas sentir la routine s’installer. On cherche des nouvelles premières fois à vivre ensemble. Dernière en date: survivre à une pandémie mondiale (nul, je recommande pas)


Avec du recul je pense que j’ai sauté le pas beaucoup trop tôt sans réaliser la portée d’un mariage. Je suis la première à crier haut et fort à mes proches qui ont hâte, que c’est DURFFICILE, c’est super dur, wallah! Et que peu importe ce que vous voyez, ou projetez quand vous nous regardez, vous ne savez rien.


En ayant connaissance de toutes ces choses, je pense que plus j’aurais attendu moins j’aurais eu envie de me marier, c’est sur; et encore moins de faire des gosses. Pourtant je vous écris depuis mon Jardin Secret et pour rien au monde je n’irai ailleurs...


Est-ce que le secret d’un mariage réussi serait l’insouciance et la précipitation? 😬


PS: Si vous croisez 2 trentenaires qui jouent a touche pipi et comptent les points dans les magasins, c’est nous 😛 Et je gagne toujours.


Cœur sur vous

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