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Ma maternité: 4 témoignages de femmes noires sur leur route vers "Maman"

Le meilleur moyen de comprendre ce qu'englobent la maternité et ses enjeux c'est de laisser la paroles à celles qui sont devenues "Maman". Retrouvez les témoignages d'Hélène, Raïssa, Leni et Victoire. Merci pour vos partages. 🖤


Hélene, 29 ans J’ai toujours pensé être mère un jour. Mais je n’étais pas forcément pressée que ça arrive. Je me contentais bien des enfants de mes frères et sœurs. J’avais tous les bons côtés, sans les responsabilités de la tâche de parent. Un an après mon mariage, je tombe enceinte. Une surprise, une grossesse imprévue. J’avais prévu de poursuivre mes études et je me retrouve avec un petit pois dans mon ventre. Tout simplement parce que j’avais oublié ma pilule un jour.



J’ai eu une grossesse compliquée, dégoûtante même. Désagrément sur désagrément (vomissement jusqu’à la fin de la grossesse, sciatique avec impossibilité de marcher, inconfort digestif, prise de 17 kg pour ceux que j’ai compté, solitude, thèse a remettre en même temps…) Alors que j’étais une femme super active qui bougeait dans tous les sens pour travailler, étudier et m’amuser. Je me suis demandée si tout ça en valait la peine. Pour couronner le tout, j'ai vécu un accouchement horrible. Le médecin qui me suivait n’a pas été attentive à mes plaintes, et on a fini par faire une césarienne en urgence. Mon bébé est né mort et a commencé à respirer 20 min après sa naissance. Je l’ai regardé se battre avec la vie pendant une dizaine de jour. Au final, j’ai un bébé en bonne santé, et je suis heureuse d’avoir vécu tout ça. Je suis heureuse d’être là maman de cette princesse. On a rien sans rien paraît-il.


Raïssa, 30 ans

J'ai toujours eu un regard particulier sur la maternité. J'ai la chance d'avoir une relation très fusionnelle avec ma maman donc j'ai toujours eu peur de ne pas être à la hauteur, à sa hauteur.

Après mon mariage, mon regard a évolué et j'ai souhaité devenir mère. Juillet 2017, retard de règles je me dis que sans effort particulier je suis peut-être enceinte (#jeregardetroplatélé). Finalement, j'ai mes règles. J'ai ressenti une tristesse importante tellement j'avais commencé à me projeter.



Alors je me me suis mise au travail lol. Câlins 1 jour sur 2 et jambes en l'air...

Août 2017, je ressens une forte douleur dans mon ventre. Une douleur que je n'avais jamais ressenti. Paralysante. Je vais aux urgences gynéco et là on ne trouve rien. On me dit "Vous êtes certainement en ovulation"...

Je rentre à la maison et je reçois un appel des urgences: On m'annonce que je suis enceinte ! Je n'y croyais pas, j'étais partagée entre la joie et la peur. Peur de ne pas arriver au bout de cette grossesse, peur de trop m'emballer, peur de ne pas assurer. J'ai eu la chance d'avoir une belle grossesse ponctuée de moments compliqués parfois (suspicion d'une maladie qui demandait à interrompre la grossesse ou encore diabète gestationnel) mais sans maux particulier. J'ai eu du mal à me projeter pendant ma grossesse. Le fait que ça soit une fille m'angoissait, je n'arrivais pas à visualiser l'après. j'ai commencé à acheter le mobilier et les habits à partir du 7e mois seulement tellement j'avais du mal. Elle est arrivée après un accouchement compliqué. Déclenchement car risque de macrosomie (bébé au dessus de 4 kg à cause du diabète gestationnel) RDV samedi à 16h, Mise en place du ballonnet à 17h (début du déclenchement et du travail ) accouchement Lundi à 8h... 40h de travail, avec ballonnet, tampon de gel, 10h en salle d'accouchement, plusieurs poussées... et puis finalement une césarienne d'urgence pour défaut d'engagement...Une horreur, bébé atteint de jaunisse donc sous machine 3h plusieurs fois par jour pendant une semaine.



Cicatrice de césarienne et hémorroïdes (merci la poussée) J'ai super mal vécu mon accouchement, je n'arrivais pas à dire "J'ai accouché". Je disais "J'ai eu un bébé". J'ai eu du mal à l'arrivée de ma princesse, physiquement, moralement. Je l'allaitais, ça faisait mal, tout le monde était là à envahir mon espace, notre espace. Peu ou pas d'intimité. Un sentiment de ça ne va pas permanent... Une dépression post-partum quoi... ça a duré quasiment 1 mois. Je ne savais pas si je l'aimais, si elle m'aimait, si j'en étais capable. Je pleurais, j'avais mal, je regardais ma mère faire et ça avait l'air tellement facile. Je me sentais seule... ça va faire 4 ans. J'ai su me relever, je suis même redevenue mère 1 an plus tard.

On a le droit d'avoir peur, de ne pas y arriver tant qu'on se relève.

Chaque histoire est différente, chaque grossesse est différente.


Leni, 32 ans

Je suis devenue mère, il y a un peu plus d'un an grâce à l'adoption. A la sortie du premier confinement (juin 2020), j'avais pris ma décision. J'allais enfin sauter le pas. C'est quelque chose que je savais que j'allais faire depuis longtemps. Je savais qu'en tant que femme seule, ça allait très compliqué et je me préparais à l'éventualité que ça dure très longtemps...



Quelle ne fut pas ma surprise d'être "choisie" en janvier 2021. Tout a été très vite, je ne m'étais pas préparée à cette éventualité ! Même si ma fille n'est pas encore avec moi, je me suis sentie mère dès notre rencontre. Ce fût instantané, j'étais prête à tout pour ce petit être.

Aujourd'hui, j'attends avec impatience qu'elle me rejoigne pour que l'on puisse commencer notre aventure à deux. Je fais des aller retour dès que possible pour passer du temps avec. C'est toujours difficile de la laisser mais j'ai la chance qu'elle soit bien entourée et très bien prise en charge.


Victoire, 55 ans

J'ai été très longtemps en couple avec un homme avec qui nous n'avons pas réussi à avoir d'enfants. Nous avons faits tous les tests possibles et inimaginables. Il n'y avait rien de concluant.

Après notre divorce, j'avais toujours envie de devenir mère alors que j'avais une quarantaine d'années. Mon champ des possible se réduisait à vue d’œil. J'ai donc décidé de me tourner vers l'insémination artificielle avec sperme de donneur. La pratique étant interdite en France, je suis allée en Belgique.



J'ai eu la chance que cela fonctionne du premier coup. Même s'il a été très difficile de vivre cette grossesse seule (malgré le soutien de mes proches), je ne changerai rien. Je regarde aujourd'hui ce jeune homme qui me remplit de fierté et je suis heureuse qu'il m'appelle Maman. Aujourd'hui, je suis à la tête d'une famille recomposée avec mon nouveau compagnon. J'ai pu vivre la maternité via une grossesse et le mariage. Je suis une femme heureuse et comblée.


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