• Ndaya

Avoir un mari, pas un deuxième père.

Je repense à une histoire que Néné me racontait. Comment une amie a testé pour la première fois la marijuana avec son gars. Elle ne l'avait jamais fait avant et c'est une fois mariée et maman qu'elle s'est dit que c'était le moment de tester. Ce qui est tout à fait honorable après tout elle est majeure et vaccinée, il n'y a pas plus responsable que d'attendre d’être assez mature pour tenter une substance jugée dangereuse. Jusqu'ici tout fait sens et pourtant je repense à ma réaction quand Néné m'a raconté ça.


Non seulement surprise de la réaction de son mari, j'étais surtout dans l'expectative de l'avis de ce dernier. Comme si la finalité de cette expérience se résumait à son approbation.

"- Il a été compréhensif et pratique en lui disant qu'il fallait faire garder le bébé, le jour ou ils en consommeraient.

- C'est tout?

- C'est tout."

Qu'est-ce que j'attendais au juste d'un homme de 32 ans? II s'est juste positionné comme un partenaire dans cette relation. Un compagnon qui entend, qui sous-pèse et qui soutient les lubies et les expériences que sa femme envisage. Rien de nouveau sous le soleil vous direz, juste une relation hétéro équitable et bienveillante.


La version banale que j'attendais de cette histoire aurait donné quelque chose de beaucoup plus paternaliste avec un mari qui se positionne comme l'ultime décisionnaire dans le couple.


L'homme qui peut "entendre" les arguments de sa femme mais qui n'est jamais tenu de les "accepter". Celui qui tranche.

Je sais pertinemment pourquoi cette anecdote m'a piquée. J'ai vécu la même situation avec mon mari et l'issue n'a pas du tout été la même.



Il y a très peu de choses pour lesquelles on se dispute. Vraiment très peu, mais autant vous dire que quand je mentionne ma consommation de marijuana dans cette maison, les disputes deviennent particulièrement intenses. Pour sa part, il s'agit d’être responsable et de ne pas tomber dans l'illicite en pensant s'en tirer sans séquelles. De mon coté, cette sempiternelle dispute relève d'un abus de pouvoir et d'une volonté de contrôler. Je pense qu'il vous faut un peu plus de contexte pour comprendre mon ressenti.




J'ai grandi dans une famille de 5 sœurs avec mes 2 parents où les femmes avaient beau être en supériorité numérique mais le pouvoir exécutif résidait quand même chez le patriarche. Ce qui m'insupportait le plus c'était de savoir que peu importe si ma mère approuvait une sortie, un achat, un projet; mon père pouvait tout chambouler dépendamment de ses prédispositions mentales du jour. Je me rappelle avoir bouillonné intérieurement le jour où à la dernière minute, il m'a interdit une sortie planifiée et accordée à l'avance parce que, tenez-vous bien: "Parfois il faut savoir dire non."

Il faisait la pluie et le beau temps et je comptais les jours où je pourrai quitter son écosystème.

L'article va finir en plaidoirie de voilà pourquoi je hais les hommes c'est plus fort que moi...


Non plus sérieusement, je réalise avec le temps que j'ai un énorme problème avec l'autorité surtout lorsqu'elle provient d'un homme 🙄 C'est fou le nombre de traumas qu'on accumule et qui ressortent à l'age adulte de manière surprenante. Ça me fait réaliser que je dois vraiment prendre le temps de traiter cet aspect en profondeur avec ma thérapeute parce qu'à défaut, ça va nous consumer moi et mon gars.


Moralité: Il n'y en a pas. Laissez-moi fumer ma weed.


Cœur sur vous


Ndaya

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